Au Sénégal, on tente de dissuader les jeunes de rejoindre l’Europe

Alors que de nombreux migrants continuent de vouloir rejoindre l’Europe en traversant la Méditerranée au péril de leur vie, des associations s’organisent au Sénégal pour tenter de dissuader les jeunes de prendre la route.

Après que son fils s’est noyé en 2006 à l’âge de 27 ans alors qu’il tentait de rejoindre l’Europe via les Canaries, Yayi Bayam Diouf a décidé de créer au Sénégal une association contre l’émigration clandestine. Elle estime que pour lutter contre le départ des jeunes, il faut aider leurs mères en leur assurant un meilleur revenu. Elle a reçu pour son action une médaille du Forum de Crans-Montana en 2017.
« Je ne veux pas que l’expérience qui m’est arrivée arrive à d’autres femmes », déclare Yayi Bayam Diouf lundi dans le 19h30. A ses yeux, si ces mères étaient aidées, elles n’encourageraient pas leurs enfants à partir à l’étranger.

 Un continent plein de potentiel
D’autres associations alertent la population sénégalaise sur les mirages de l’émigration clandestine. Par exemple, les Clubs Eden, qui sont soutenus par Terre des Hommes Suisse, rassemblent plus de 4000 enfants et adolescents de Dakar. L’association agit auprès de ces jeunes au niveau de la connaissance de leurs droits et la confiance en soi.

« L’Afrique est un continent qui est plein de potentiel. Il faut que les jeunes croient en eux et sachent qu’ils peuvent réussir en Afrique », témoigne Abdioulah Habdey, responsable des éducateurs aux Clubs Eden.

Difficile de casser le mythe de l’Eldorado européen
Les Clubs Eden réunissent régulièrement des jeunes pour qu’ils s’engagent personnellement dans leur quartier, par exemple en nettoyant les rues. Plusieurs sont devenus des adolescents brillants et parfois très critiques à l’égard de l’émigration. Certains appellent aussi les gouvernements à agir, pour qu’ils prennent des dispositions en vue d’éliminer ce phénomène, par exemple en construisant des entreprises afin que les jeunes puissent y travailler.
Mais beaucoup de jeunes Africains n’ont pas cette vision optimiste et il demeure difficile de casser le mythe de l’Eldorado européen. Et le défi est de taille: chaque année, uniquement au Sénégal, 200’000 jeunes arrivent sur le marché du travail.

VIDEO: https://www.rts.ch/play/tv/popupvideoplayer?id=10157499&startTime=3.923

Yves Magat/Frédéric Boillat/rts.ch


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