Chronique d’Abdou: le mandat électoral

Dans cette Afrique en pleine réforme de ses institutions démocratiques, le mandat électoral occupe une place centrale, il divise la classe politique et il est source de débat entre les citoyens. Ici ce sont les partisans du  quinquennat et du septennat qui  s’opposent. Ailleurs, il faut changer la constitution pour faire sauter le verrouillage sur la limitation du nombre de mandats.

Nous tenterons d’expliquer cette confusion autour du mandat avant de faire l’ébauche d’une solution pour une stabilité de nos Etats.

Notre continent  a  longtemps connu le parti unique et le régime militaire avant d’entamer une autre phase qui devrait le conduire vers des régimes plus démocratiques avec de nouvelles institutions et un renouvellement de sa classe politique.

Aujourd’hui un peu partout, des élections sont organisées avec plusieurs partis en compétition. Cependant, elles  sont toujours entachées par des contestations post-électorales ou pré-électorales pouvant déboucher sur des conflits  internes.

De tels comportements s’expliquent par le fait que longtemps encore, le pouvoir était détenu par un homme, avec sa famille, son ethnie ou son clan.

Et qui l’utilisait  pour s’enrichir au détriment de la majorité de la population qui était complètement écartée de l’exercice du pouvoir.

Ce même problème se pose maintenant avec la tendance des présidents élus à se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir, quitte à changer la constitution dans le but de préserver leurs intérêts économiques.

L’autre aspect est la crainte de l’après pouvoir pour certains, qui peut  les conduire en prison pour mauvaise gestion, crime contre l’humanité…

La démocratie des Etats africains reste encore jeune et fragile. Le monde entier doit l’accompagner, en corrigeant au fur et à mesure ses imperfections, ses déraillements, ses excés.

Nous Africains , nous devons aussi prendre conscience que la démocratie est l’affaire du peuple qui doit exercer sa souveraineté.

C’est aussi un long processus qui demande de la patience, de l’abnégation, de l’ouverture , la tolérance.

Nous nous permettrons d’emprunter la conclusion de notre réflexion sur l’histoire de la  démocratie en Grèce,  pour dire: « la démocratie est une valeur vers laquelle on tend et non un état qu’on atteint pour s’y complaire ».

Abdou Babou DIA

Abdou Babou Dia


3 Comments

  1. legros février 15, 2016 11:29   Répondre

    Quelle belle chronique ! Forte , lucide, percutante en même temps chargée d’espérance !
    ma proposition: qu’Abdou devienne le conseiller Afrique de la France,..
    Huguette

  2. Rédaction février 18, 2016 10:54   Répondre

    Votre analyse est lucide et pertinente comme à chaque fois, Abdou… Bravo et c’est enrichissant de vous lire.
    Ninoo

  3. Anne Sourcis février 23, 2016 2:34   Répondre

    Je découvre aujourd’hui : merci Abdou ! j’ajouterais le mot de Churchill qui estimait que la démocratie était « le moins mauvais des régimes » toujours à faire et parfaire, et nous savons de quoi nous parlons au pays des droits humains…malheureusement.

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