Le franco-sénégalais David Diop a été finaliste du Goncourt 2018

david diop frere d'ame goncourt senegal tirailleurs

Photo : © Hermance Triay 2017.

Le Petit journal de Dakar salue l’hommage rendu à l’écrivain franco-sénégalais lors du choix du jury du Goncourt 2018, même si David Diop pouvait espérer mieux.

Frère d’âme (Seuil) est l’histoire d’un tirailleur sénégalais rendu fou par la mort dans les tranchées de la guerre de 14 de son ami d’enfance, celui qu’il appelle « son frère d’âme ». Avec ce second roman, le franco-sénégalais David Diop a été présent sur plusieurs listes prestigieuses des prix littéraires 2018 : Goncourt, Renaudot, Médicis…Il a même été parmi les 4 derniers finalistes du Goncourt. Le Prix Goncourt a finalement été attribué ce mercredi 7 novembre 2018 à Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux » (Actes Sud).

David Diop est actuellement maître de conférences en littérature du 18ème siècle à l’université de Pau mais il a grandi au Sénégal où il a effectué ses études primaires et secondaires. C’est un peu l’histoire de son arrière-grand-père maternel, un Landais mort prématurément des suites de la Grande Guerre, et la lecture poignante de lettres de poilus, qui ont motivé l’écriture de ce roman.

« J’ai voulu parler du choc extrêmement violent qu’ont dû subir les tirailleurs sénégalais en arrivant sur un théâtre de guerre qui était très loin de chez eux et qui était extrêmement violent pour tous » a indiqué le romancier dans une interview à France Info le 28 octobre dernier.

Avec ce texte, l’auteur a souhaité créer un trait d’union entre ses deux cultures, sénégalaise et française. « Je raconte cette histoire, dit-il, comme l’aurait fait un griot qui chante les louanges du personnage, avec un rythme, avec une poétique, et ça, culturellement, c’est très africain de l’Ouest ».

david diop goncourt

Frère d’âme, David Diop (Seuil, 175 pages).

Le résumé du livre par les éditions du Seuil :

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

logofbdakar

Laisser un commentaire