Vu dans « lesoleil »: à Somone, la réserve communautaire reprend vie

Somone : La réserve communautaire reprend vie
Crédit photo : Assane SOW / © Le Soleil
Quand la femme s’engage, elle réussit, a-t-on l’habitude de dire. Celles de Somone l’ont prouvé à travers la réserve naturelle d’intérêt communautaire de cette localité de la Petite côte. A force de travail et d’abnégation, elles ont réussi à restaurer la mangrove et faire revenir les ressources halieutiques dans la lagune. Aujourd’hui, les fruits de leurs efforts impactent positivement le quotidien des villageois qui partagent la réserve (Guéréo, Thiafoura, Sorokhassap et Somone).

Seul un petit vent frisquet trouble la bonace. Allongés sur l’eau, têtes immergées jusqu’à la ligne des yeux, bras qui exécutent de chaque côté de leurs corps, le tout sur un battement continu de leurs jambes, des touristes tentent la traversée pour atteindre le rivage. Malgré les nombreuses mises en garde d’Amina, une des gérants du restaurant qui les reçoit ce matin, ils restent déterminés à relever le défi. Chose faite au bout de quelques minutes de nage.

A peine sortis de l’eau, quelques vendeurs les abordent pour leur proposer des objets d’art fabriqués à partir des fruits de mer. Grâce à leur habileté, ces artistes, habitués à titiller la science du beau, donnent une brillance à des coquilles qu’ils ont transformées en cendriers et autres objets.

De l’autre côté, un autre groupe s’apprête à aller en balade sur la lame d’eau, au bord de la mangrove verdoyante. Ils ont dû casquer fort pour s’offrir ce luxe. Le conducteur de la barque donne les dernières consignes avant de s’engager dans ce milieu baigné par la mer. De loin, on sent le miasme putride qu’exalte l’eau en contact avec les feuilles mortes de la mangrove et des carcasses d’huîtres accrochée à leurs racines. Le piaillement des oiseaux affolés par le bruit des moteurs des vedettes renseigne davantage sur la richesse faunique de cette réserve.

Repos biologique

En bordure de la lagune, les alevins et autres produits de mer s’amusent. Ils ne sont pas en danger. L’heure n’est pas à l’exploitation. Un repos biologique est décrété par le Comité de gestion (Ndlr : Nous étions au mois d’octobre).

Cette réserve naturelle d’intérêt communautaire de Somone est une véritable merveille écologique. Une attraction pour ces bons viveurs à la recherche d’un havre de paix. Un moyen de survie pour les habitants de la zone. Et pourtant, quelques années en arrière, le site était complètement dégradé.

Avec la création de la réserve, en 1999, les femmes, avec le soutien des agents des Eaux et Forêts et leurs partenaires, ont pu restaurer ce que l’Homme a détruit et mis à la disposition de leur communauté les ressources dont elle a besoin pour survivre. Elles ont été à l’avant-garde lors de la réhabilitation de cette biodiversité. Et aujourd’hui, elles jouent un rôle de premier plan dans la gestion à travers le comité mis en place depuis 2007.

« Le site était complètement détérioré. Nos parents avaient besoin du bois de mangrove qui a cette réputation d’être très solide. Du coup, ils n’hésitaient pas à venir couper pour construire leurs cases, des huttes, mais aussi pour clôturer leurs maisons. Nos mamans y venaient aussi régulièrement pour chercher le bois de chauffe. Avec cette pression, la mangrove avait fini par disparaître, de même que les ressources halieutiques comme les poissons, les crustacés, les huîtres, les crabes, les crevettes, etc. », raconte Saliou Mbodj, président du Comité de gestion.

 

Par Ndiol Maka SECK (photos Assane SOW)


1 comment

  1. Mamadou COLY janvier 22, 2018 6:26   Répondre

    Voila des gens qui font oeuve utile à tout un pan de l’Humanité. Voila des causes qui valent la peine de s’activer…. Saliou Mbodj et son Comité de gestion sont pourtant moins connus que ceux qui brûlent les billets de cinq mille francs, pourquoi? La presse et les « communicateurs » sont interpelés…

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