Lu sur le Soleil.fr: mémoire à Blaise Diagne et à Omar Blondin Diop

Blaise Diagne et Omar Blondin Diop

Ce 11 mai, alors que le monde rend hommage à Bob Marley, le Sénégal se rappelle de deux de ces illustres fils: Blaise Diagne et Omar Blondin Diop.

11 mai 1934, mort de Blaise Diagne, premier député africain élu à l’Assemblée nationale française

Né le 13 octobre 1872 à Gorée, Blaise Diagne est mort le 11 mai 1934 à Cambo-les-Bains (France). Il a été élu en 1914 député du Sénégal. Bénéficiant du statut des «quatre vieilles» communes (Rufisque, Gorée, Saint-Louis et Dakar), il est le premier Africain de l’histoire française à siéger au palais Bourbon. Blaise Diagne était considéré comme un franc-maçon. D’ailleurs, c’est à cause de cela qu’il a été enterré, non pas à l’intérieur, mais avant l’entrée du cimetière musulman de Soumbedioune à Dakar, les musulmans ayant refusé qu’une personne considérée comme un franc-maçon puisse reposer à l’intérieur du cimetière.
Par contre, le souvenir du premier ministre noir de la République française reste vivace. Son nom est porté à plusieurs endroits comme l’Avenue Blaise Diagne, une des plus grandes de Dakar, le lycée Blaise Diagne de Dakar et l’Aéroport International Blaise Diagne (Aibd). Il a mené pendant toute sa carrière une action en faveur des colonisés d’Afrique et des Antilles, pour les aider à s’insérer dans la société française. Marié en 1909 avec Marie Odette Villain qu’il a rencontrée à Madagascar, Blaise Diagne a eu quatre enfants dont Adolphe, médecin militaire (né en 1910, mort en 1985), Rolland, fonctionnaire dans les Chemins de fer et Raoul, footballeur professionnel, premier footballeur africain à être sélectionné en équipe de France (de 1931 à 1940), ensuite entraîneur de l’équipe nationale du Sénégal en 1963.

11 mai 1973, décès et/ou «assassinat» de Omar Blondin Diop

Blondin Diop, est né le 18 septembre 1946 à Niamey et est décédé le 11 mai 1973 dans les geôles de l’île de Gorée. Il est connu pour être sorti normalien de l’école normale de Saint-Cloud, une distinction très honorifique car même l’ancien Président sénégalais, Léopold Sedar Senghor n’était pas parvenu à réussir ce concours. Brillant étudiant au Sénégal et en France et militant de l’ancienne gauche révolutionnaire, Omar Blondin Diop est décédé le 11 mai 1973 dans sa cellule de la prison de Gorée à l’âge de 27 ans. Il a trouvé la mort dans des conditions encore controversées.

…Le 11 mai 1973, après avoir reçu la visite de Jean Collin, avec lequel il aurait eu une altercation, il est retrouvé mort dans sa prison de Gorée. Contrairement à ce que l’État sénégalais à voulu faire croire, Blondin avait le droit à 15 minutes de pause chaque jour. Le jour de sa mort, Jean Collin devait lui rendre visite mais Blondin a catégoriquement refusé de perdre une seconde de ces précieuses minutes de pause, encore moins avec Jean Collin. Jean Collin voulait rencontrer Blondin afin que ce dernier prête allégeance à la France. Frustré, Collin ordonne aux gardes de le faire sortir de force. Les gardes ont commencé à le rouer de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive», rapporte lenegro. La thèse officielle avançait le «suicide» du détenu, tandis que sa famille soutient toujours celle de l’»assassinat» pour des raisons politiques.
Issu d’une famille à la conscience politique affirmée, Omar Blondin Diop fut arrêté pour des actions jugées subversives par le régime de l’ancien président Léopold Sédar Senghor.
Né le 18 septembre 1946 à Niamey, Il était un intellectuel, militant politique sénégalais et membre actif du Mouvement des jeunes marxistes-léninistes du Sénégal.
Il était une figure emblématique du mouvement contestataire post-soixante-huitard qui avait défié le président sénégalais, Léopold Sédar Senghor.
Depuis 2013, un de ses frères cadet, le docteur Dialo Diop, a saisi la justice sénégalaise pour une réouverture du dossier afin de faire la lumière sur sa mort.
Source : lesoleil.sn


1 comment

  1. Adama mai 14, 2017 10:28   Répondre

    Le régime du président poète, n’était pas de toute poésie… La collision de dirigeants sanguinaires et autocratique de l’Afrique d’alors, a failli l’entraîner dans son sillage… Heureusement pour nous, que Léopold était vraiment poète avant toute chose.
    Adama

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