Paris: Inauguration d’une place en hommage au sculpteur sénégalais Ousmane Sow

RFI. – Anne Hidalgo, maire de Paris, a inauguré voici quelques jours une place en l’honneur du sculpteur sénégalais Ousmane Sow, décédé en 2016.
Près d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées dans le 15e arrondissement de la capitale française où figurera la future place. Un grand moment d’émotion partagé par les élus, la famille et les amis du sculpteur.
Premier artiste noir d’origine africaine élu à l’Académie des Beaux-Arts, Ousmane Sow a déjà eu droit à un hommage, en mars dernier. A l’occasion des vingt ans de son exposition sur le Pont des Arts, son oeuvre en bronze baptisée « Le couple des lutteurs corps-à-corps », avait été inaugurée par la ville de Paris, Place de Valois, dans le 1er arrondissement.
C’est cette fois le 15e arrondissement de la capitale qui commémore Ousmane Sow, en accueillant une place à son nom, près de la rue des Entrepreneurs. Un lieu cher à l’artiste, qui y résidait lorsqu’il était en France, comme le souligne la réalisatrice et veuve du sculpteur, Béatrice Soulé, présente à l’inauguration :

« Ici, c’est le quartier où on a habité pendant 25 ans, quand il était à Paris. C’est évidemment beaucoup d’émotion. Je pense qu’Ousmane aurait été très touché, […] il disait toujours qu’il aimait passionnément Paris ».

La cérémonie d’inauguration a débuté samedi vers 10h30, en présence d’une cinquantaine de personnes parmi lesquelles la famille et les amis du sculpteur. Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement de Paris, a prononcé un discours suivi de celui de Béatrice Soulé, veuve d’Ousmane Sow et d’Anne Hidalgo, maire de Paris.
Cette dernière a tenu à rappeler le combat que défendait l’artiste à travers ses oeuvres

. « Les hommes et les femmes qu’il a représentés vivent souvent dans des peuples qui ont été écrasés par l’histoire : les Noubas, les Massaïs, les Zoulous, les Peuls mais aussi les Indiens d’Amérique. Mais il leur a donné cette liberté et cette force parce que ses oeuvres montrent que ces peuples n’ont jamais été vaincus, qu’ils sont toujours pour nous aujourd’hui, ces symboles de rébellion, de liberté, de résistance », a t-elle dit.

Cette ténacité, Ousmane Sow l’incarne lui-même. Venu à Paris en 1957, le Sénégalais, alors âgé de 22 ans, rencontre des difficultés financières et multiplie les petits métiers. Quelques années plus tard, il devient kinésithérapeute. Une profession qui, comme le rappelle la maire de Paris dans son discours, s’avérera fondatrice de sa formation de sculpteur.
Ousmane Sow prend peu à peu goût à la sculpture et adopte cette profession lorsqu’il s’installe définitivement à Dakar, en 1980. Il réalise par la suite la série des Nouba, qui rencontre un grand succès, et reçoit diverses commandes. C’est en 1999, à l’occasion de la Journée mondiale de la Francophonie, qu’il est reconnu internationalement. Il expose alors, sur le Pont des Arts, à Paris, la quasi totalité de son oeuvre, notamment ses séries africaines. Pas moins de trois millions de visiteurs s’y rendent.
En 2013, le sculpteur fait son entrée à l’Académie des Beaux-Arts. « Comment aurait-il pu alors imaginer […] faire son entrée à l’Académie des Beaux-Arts, tellement fier d’être le premier Noir à y entrer ? », rappelle Béatrice Soulé. La réalisatrice a aménagé l’an dernier, la maison d’Ousmane Sow au Sénégal en musée. Elle a d’ailleurs tenu à faire venir une chorale sénégalaise pour clôturer la cérémonie d’inauguration. La mairie de Paris a ensuite dévoilé la plaque en l’honneur de l’artiste sur laquelle figurent ces mots : « Place Ousmane Sow, 1935-2016, sculpteur sénégalais, premier artiste africain élu à l’Académie des Beaux-Arts ».
RFI/leral.net


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