Retrait des enfants de la rue: une mission impossible selon l’Observateur

Notre correspondant Adama Lô évoque un article de l’Observateur qui constate que le retrait des enfants de rue décidé par le gouvernement n’avance pas sauf à Dakar. « C’est le statu quo ». 

Enfants talibés

Bientôt deux semaines que la campagne de retrait des enfants de la rue a été lancée par le ministère de la Femme et de l’Enfance. Depuis, la capitale sénégalaise s’est vidée de ses talibés. Mais si à Dakar, la mesure est presqu’effective, il n’en est pas de même dans les capitales régionales où les enfants talibés ne sont pas encore inquiétés. A Louga, Mbour, Saint-Louis et Kolda, ces enfants continuent d’errer dans la rue et de faire la manche. Au grand bonheur de leurs maîtres coraniques qui menacent l’Etat de représailles, s’il touche à leur <<business>>. Dans la capitale du sud, les enfants retirés ont étés rapatriés, après identification de leurs familles, chez eux. Pour la plupart, en Guinée. L’Obs fait le point de la campagne de retrait dans les régions. Tour d’horizon!

THIES : Le plan de retrait des enfants talibés suspendu

En fin de semaine dernière, une centaine de talibés ont été appréhendés dans divers endroits de la capitale du Rail par les éléments de la police du 1er arrondissement, en application des directives du chef de l’Etat, Macky Sall, pour le retrait des enfants dans la rue. Pendant plusieurs heures, ces enfants talibés ont été parqués au commissariat du 1er arrondissement. Finalement, l’autorité judiciaire a été dans l’obligation de les relâcher, entendu que la ville de Thiès ne dispose pas de structures d’acceuil pour les recevoir.

DAKAR : La capitale sénégalaise vidée de ses talibés

Dakar n’a plus de talibés. 13 heures, aux Allées Papa Guéye Fall de Dakar-Plateau, pas l’ombre d’un enfant errant en haillons, parfois sans chaussures. Depuis deux semaines, le gouvernement du Sénégal a commencé de retirer les enfants talibés de la rue de la capitale.

Mbour : Pas du tout effectif  !

A Mbour, c’est le statut-quo. Depuis l’annonce du retrait des enfants talibés des rues, la police n’est intervenue qu’une seule fois, interpellant 18 d’entre eux, il y a une semaine. Depuis, c’est le calme plat et les talibés arpentent toujours les rues. L’Etat a-t-il reculé ou la première intervention n’était que stratégie de dissuasion ? Pour une autorité qui a requis l’anonymat, l’Etat a mis la charrue avant les bœufs, en ne mettant pas en place des structures d’accueil.

(Extrait de l’Observateur)


1 comment

  1. issa gibb août 3, 2016 4:47   Répondre

    Effectivement, le plan de retrait s’essouffle. Mal préparé, les policiers des grandes villes ne savent pas où mettre les enfants. Les centres partenaires Unicef, Croix rouge et Ong sont saturés. Le manque de centres d’accueil pour un si grand nombre d’enfants mendiants est ridicule. Ils n’ont même pas pensé aux casernes militaires ?
    Le tri et la fermeture des daaras illégales est la priorité. Sur Dakar, les marabouts ont déplacé les talibés de daaras en daaras en banlieue. Ils ont changé les horaires de mendicité des talibés en fonction des bus de ramassage. Avec toujours un coup d’avance, ces escrocs esclavagistes d’enfants font dépenser le peu de ressources du plan pour l’anéantir encore une fois.
    Le retour des talibés dans leurs familles et dans les daaras vertueuses de leurs quartiers ou de leurs villages contrôlées par l’Etat et les chefs de villages. Les enfants élèves rentrent dans leurs familles, tous les soirs. Les talibés étrangers sont renvoyés dans leurs pays d’origine. C’est la seule solution pour contrôler et éradiquer la mendicité, mais aussi la traite des enfants. Toute daara avec des enfants de loin ou étranger devient une daara réfractaire et trafiquante d’enfants !
    Enfin, tout marabout réfractaire au retrait, qui refuse d’appliquer les lois depuis des décennies, qui prononce des fatwas contre l’Etat, qui insulte les Khalifes confrériques et les imams de traîtres à l’Islam, qui menacent de faire des manifestations de représailles pour continuer à exploiter des pauvres gosses ? On leur envoie l’armée, Force reste à la loi ! Le temps des marabouts est compté. Inch Allah !

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