Selon lemonde.fr, Dakar étouffe sous les particules fines

Dakar est le centre névralgique du Sénégal. Avec moins de 0,3 % du territoire national, la région de Dakar abrite plus de 66 % de l’activité économique du pays et près de 25 % de la population sénégalaise. Selon les dernières estimations la population dakaroise est estimée à plus de trois millions d’habitants.

Dans la capitale sénégalaise, qui a doublé de taille en dix ans, la concentration de particules fines est en moyenne cinq fois supérieure aux recommandations de l’OMS
Quand les nuages roulent dans le ciel et quand l’air s’épaissit, Abdoulaye Diop ne respire plus. Il se calfeutre à la maison, ferme portes et fenêtres afin de retrouver un souffle normal. Tous ses rendez-vous de la journée sont annulés. Il faut attendre que la poussière passe. Pour lui comme pour des milliers de Sénégalais, les pics de pollution sont devenus un enfer.

« Ils s’intensifient depuis trois ans. Mes allergies sont de plus en plus violentes. Dakar est devenu irrespirable », constate ce trentenaire, photographe.

Au Sénégal, les asthmatiques sont les premières victimes de l’accroissement de la pollution atmosphérique.
En une décennie, la capitale a doublé de taille et regroupe aujourd’hui un quart des 16 millions d’habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ce développement se traduit par des constructions anarchiques qui peinent à absorber l’exode rural en expansion et un trafic routier de plus en plus dense.

« Quand je survole la ville avec mon drone pour prendre des photos, on ne voit aucun espace vert, seulement des routes », s’étonne Abdoulaye Diop. On estime que sept voitures sénégalaises sur dix circulent dans la capitale. Les embouteillages s’allongent et Dakar étouffe dans l’étuve de sa péninsule.

« Toute l’année, nous dépassons les normes de l’Organisation mondiale de la santé [OMS] en termes de pollution atmosphérique », affirme Aminata Mbow Diokhané, chef du centre national de gestion de la qualité de l’air.

Dans la ville, la concentration de particules fines est en moyenne cinq fois supérieure aux recommandations de l’OMS. Cette dernière a fixé un seuil de 10 μg/m3 à l’année pour les particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5). « Elles sont émises par le trafic et les industries fossiles. Ce sont les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans les poumons », explique Me Diokhané.
Matteo Maillard/lemonde.fr


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