Une grande formation de secourisme à Somone le 26 janvier

Le 26 janvier 2020, au stade de Somone, de 15h00 à 18h00, Françoise Colleye, qui habite à Somone, organisera une formation – comme le fait chaque année Téranga Cherbourg (video) mais à plus grande échelle visiblement – pour apprendre à réaliser les gestes de premiers secours.
Que faire face à une brûlure, une plaie profonde, une personne noyée? Comment faire un massage cardiaque? Des gestes simples mais essentiels peuvent sauver des vies.
La formation sera donnée par des médecins et infirmiers. Elle est ouverte à tous, enfants et adultes, et gratuite. L’organisatrice a lancé une collecte de fonds pour réunir les mille euros nécessaires à la mise en place des infrastructures. Elle raconte sur internet ses motivations.

 

Une petite fille de 5 ans arrive dans les bras de sa maman après une très longue marche, mais trop tard pour que son pied, brûlé par un liquide bouillant, ne puisse être sauvé.
Deux jeunes garçons de 7 et 9 ans, heureux et pleins de vie, se noient, comme beaucoup d’autres chaque année, dans ce village qui borde l’océan, parce que happés par une grosse vague qu’ils n’avaient pas vu arriver.
Un jeune s’écroule en plein match de football entre amis, sur la plage, et ne sera pas réanimé. Il rêvait de conquérir le monde comme les plus grands champions.
Personne ne savait comment faire.
A chacun de mes séjours dans ce merveilleux coin d’Afrique, j’ai vu des drames, j’ai vu des familles brisées, j’ai vu des enfants et des adultes atteints à tout jamais. J’ai vu des mamans déposer dans mes bras leur enfant espérant que je pourrais le sauver, mais souvent trop tard. Avec, à chaque fois, ce sentiment d’échec immense puisque il aurait suffit de savoir comment faire dans les toutes premières minutes.
Parce que les secours arrivent souvent trop tard dans ces villages éloignés de la capitale, nous avons fait le pari de former un maximum d’adultes et d’enfants, aux premiers gestes de secours.
Pari difficile. Quand il n’y a sur place souvent pas d’eau courante pour refroidir une brûlure, pas de quoi nettoyer une plaie ou faire une contention. Quand on n’ose pas appeler les secours ni même aller au poste de santé parce qu’il faudra payer les soins. Quand l’idée que le destin lui-même interviendra et qu’on n’y peut rien.
Nous sommes des amis, sénégalais et belges, attachés à ce pays, qui ne voulons plus voir des vies ainsi détruites, alors que de simples gestes auraient pu l’éviter. Nous mettons chacun notre expérience, notre envie de voir les choses changer, notre énergie, pour nous donner les moyens de réussir ce projet.
La formation se fera sous forme d’ateliers pratiques : des médecins et infirmiers montreront quels gestes faire, sans matériel ou produits médicaux, qu’il est parfois possible de remplacer par ce qu’offre la nature ou la vie de tous les jours.
Chaque participant pourra s’exercer, poser des questions, tant en français qu’en wolof pour que la langue ne soit pas un obstacle.
Les ateliers seront ceux qui concernent le plus d’accidents qui ont lieu dans le village
l’atelier brûlures : beaucoup de familles cuisent à même le sol
l’atelier étouffement par obstruction des voies respiratoires, en particulier pour les tout petits qui avalent mal un morceau de fruit ou des arachides
– l’atelier trauma, que ce soit les plaies profondes ou des traumatismes orthopédiques, mais aussi les traumatismes de l’œil dans une région où les coups d’arc font des ravages
– l’atelier noyade, car même au bord de l’océan, peu savent nager
– l’atelier réanimation cardiorespiratoire
Celui qui aura participé à tous les ateliers recevra un badge de « premiers secours », remis par les autorités locales au terme de la journée.

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1 comment

  1. Alain janvier 21, 2020 10:15   Répondre

    BRAVO! Ce devrait être dans toutes les écoles, et aussi apprendre aux tout petits à mettre leurs déchets dans les poubelles, plutot que de les jeter par terre.