Vers le clap de fin pour les Cars rapides et les Ndiaga Ndiaye

 

Africargus.com. – À l’occasion d’un panel sur la sécurité routière organisé par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) de Dakar au Sénégal, plusieurs voix se sont élevées pour envoyer ces véritables institutions des transports sénégalais au musée.

Les routes tuent beaucoup trop au Sénégal en Afrique en général, tous les participants du panel intitulé « Le civisme et la sécurité routière » se sont accordés sur ce point. À l’heure de déterminer les causes des accidents aussi, le consensus a été de mise : 90% de facteurs comportementaux, 3% de défauts d’infrastructures et 7% de causes liées à l’état général du véhicule.
Ce dernier point, pourtant largement mineur par rapport au facteur humain, a donné lieu à quelques communications et échanges dans l’enceinte du Cese. Les participants se sont accordés sur le fait qu’il fallait urgemment renouveler le parc sénégalais de véhicules en circulation. Les véhicules particuliers auraient 26 ans d’âge moyen dans le pays, les véhicules de transport 31 ans…

Le problème serait encore plus aigu concernant les cars rapides. Selon diverses sources, ils seraient arrivés au Sénégal entre 1975 et 1976, après avoir vécu une première vie en France. Ces engins, pour l’essentiel des Saviem SG2 (fabriqués entre 1965 et 1982), témoignent de millions de kilomètres, n’ont plus de vitres, pas de direction assistée et surtout des freins en rapport avec les véhicules de leur époque :

« Comment des véhicules comme les cars rapides et les 7 places, qui ont plus de 40 ans et qui dans les régions sont devenus des cercueils roulants peuvent-ils passer la visite technique ? » s’est ainsi interrogé un participant au panel.

Huit cents nouveaux bus

Le problème serait visiblement en passe d’être traité. Selon Thierno Birahim Aw, le directeur du Conseil exécutif des transports urbains de Dakar au Sénégal (Cetud) cité par Quotidien, 1607 cars rapides et autres Ndiaga Ndiaye auraient déjà été renouvelés. La dernière étape du renouvellement du parc aurait même débuté, « avec l’introduction de 800 véhicules en deux phases » qui vont « permettre d’assainir complètement le parc de mini-bus » d’après le directeur.
La fin de ces vénérables utilitaires français sera sans doute une bonne nouvelle pour la sécurité et l’environnement sénégalais. Il n’en reste pas moins que les accidents de la route sont surtout causés par l’imprudence des hommes :

« Les accidents, nous l’avons dit, relèvent à 90% du comportement. Ne faudrait-il pas déplacer le contrôle technique du véhicule vers un contrôle annuel du comportement du conducteur ? Au moins pour les conducteurs de transport en commun » a fait savoir l’un des intervenants du panel…
La route occasionne environ 600 décès et 4000 blessés par an au Sénégal.

Arnaud Murati/africargus.com


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