Vu sur le net: une école vétérinaire sénégalaise à vocation panafricaine

Depuis cinquante ans, l’EISMV forme des médecins venus de tout le continent.

Marocains, Tunisiens, Béninois, Ivoiriens, Burkinabés, Burundais, Gabonais, Rwandais… Pas moins de 22 nationalités se côtoient dans les amphithéâtres de l’école.
Créée en 1968 pour faire face au développement de l’agriculture et de l’élevage après l’indépendance des Etats africains dans les années 1960, l’Ecole inter-Etats des sciences et médecines vétérinaires (EISMV) a, depuis, formé 1 400 docteurs vétérinaires.

L’établissement à vocation panafricaine, intégré à l’UCAD, compte aujourd’hui quinze Etats membres qui participent à son budget de fonctionnement sur un mode mixte public-privé.

La sélection des élèves se fait sur dossier. Le cursus est bouclé en six ans et les enseignements dispensés sont axés sur les problématiques africaines. C’est l’une des raisons qui ont poussé Joël Wilfried Bama Bali à quitter son Burkina natal.

« Je n’ai pas postulé ailleurs. Ici, on cherche à améliorer la sécurité alimentaire, alors qu’en Europe, ce stade est dépassé », témoigne l’étudiant en deuxième année.

« Là-bas, on s’intéresse aux NAC, les nouveaux animaux de compagnie », ajoute, amusé, Ouédrago Drama, l’un de ses compatriotes et camarade fraîchement installé à Dakar.

Malgré tout, les deux amis retourneront un temps à Ouagadougou puisque, parmi les quatre stages obligatoires, certains devront être effectués dans le pays d’origine, d’autres en milieu rural, en Mauritanie et au Mali notamment. Un soulagement chez ces jeunes Burkinabés pour qui étudier dans la capitale sénégalaise revient cher. « On paie le loyer 180 000 francs CFA [275 euros] contre 60 000 chez nous », rouspètent-ils.

 Ces étudiants français qui choisissent le Sénégal
S’accommoder du coût élevé de la vie, renoncer au confort familial, Fatoumata Konaté et Kangala Esdra, des bacheliers venus de Côte d’Ivoire et du Bénin, l’ont aussi fait. Pour la qualité de la formation de l’école de Dakar, la meilleure dans la sous-région, jugent-ils. Idem chez Themo Anargyros, un Français d’origine grecque, qui débute sa quatrième année.

« J’étais accepté dans une très bonne prépa en France et j’ai fait un an en Espagne. Mais la théorie qu’on nous enseigne ici est meilleure », assure l’étudiant, qui voudrait travailler en Afrique

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« L’enseignement est bon »
Et pour ceux qui souhaitent exercer hors du continent, une alternative existe. « Pour faire reconnaître le diplôme en France, où le concours d’entrée pour devenir vétérinaire est très sélectif, il faut repasser un test à la fin de la formation, explique Enguerrand Gelinet, en cinquième année. Ces deux dernières années, deux Français l’ont tenté et ils ont réussi. Preuve que l’enseignement est bon ici.
Si la qualité est de mise à l’Ecole vétérinaire de Dakar, c’est aussi dû aux règles imposées aux étudiants.

« On fait moins la fête ici », regrette Themo Anargyros.

« Pas le droit de manifester non plus », renchérit Maliki Savadogo, un Burkinabé de deuxième année, qui sort de son cartable un document prouvant son engagement à « s’abstenir de toute grève », cacheté par le commissariat de police. Raison pour laquelle, sans doute, les étudiants ont pu démarrer les cours en octobre alors que, dans les départements voisins, on tente tant bien que mal de finir l’année 2017-2018.

Salma Niasse Ba


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