A Saly, l’ancien entraineur star de Cherbourg Hervé Renard solidaire des Sénégalais

Î Hervé Renard, sélectionneur de l’Arabie Saoudite depuis 2019, vit actuellement au Sénégal en attendant la reprise des compétitions de football.

La Presse de la Manche. – Sélectionneur de l’Arabie Saoudite, Hervé Renard a quitté ce pays le 15 mars, avec sa famille, à bord de l’un des derniers avions en partance de Riyad. Après une escale de 48 heures à Dubaï, l’ancien entraîneur de l’AS Cherbourg et ses proches ont repris un vol à destination de Dakar. Ils séjournent actuellement dans leur maison située à Saly, une station balnéaire lé chée par l’Océan Atlantique près de Somone, ville jumelle de Cherbourg.

« Je vais très bien », assure-t- il au début de notre conversation téléphonique fixée mardi dernier. Une interview venue s’intercaler au milieu de l’emploi du temps rythmé du Savoyard d’origine : course à pied le matin sur la plage (10 km tous les jours) « où il n’y a pas grand monde » ; courses alimentaires « tout en portant un masque sanitaire » dans un pays où il n’y a pas de confinement total (seulement un couvre-feu de 21h00 à 5h00); devoir des enfants et puis, en fin d’après-midi, entretien et petits travaux à la Tanière Villa Metsu, un établissement hôtelier de charme fondé par l’épouse d’Hervé Renard, veuve de Bruno Metsu.

« L’engrenage
de la vie actuelle n’est pas mon fort »

Le ballon rond ne domine donc pas la journée du coach de 51 ans. « Je regarde quand même quelques rediffusions de matches à la télévision, comme des finales de Coupe d’Afrique des Nations que j’ai remportées avec la Zambie et la Côte d’Ivoire. Je les visionne avec une pointe de nostalgie et de plaisir. Cela ne fait pas de mal de se faire du bien, surtout en ce moment », raconte le sympathique technicien, pour qui rester à la maison n’est pas une épreuve insurmontable « à condition de pouvoir faire du sport ».

« L’engrenage de la vie actuelle n’est pas mon fort », continue-t-il. « Je pense que tout va trop vite,on a du mal à apprécier les choses. Après, certains ne peuvent pas faire autrement, quoique, on peut toujours s’arranger comme on l’entend. Donc, pour moi, actuellement, il n’y a pas trop de changements. J’ai besoin de rester tranquille. Je pense que c’est une qualité que l’on développe quand on est entraîneur ».

Réduction du salaire et solidarité

Le sélectionneur de l’Arabie Saoudite, qui a accepté de réduire son salaire, et ses proches ont délivré 460 repas à des personnes dans le besoin dans la région de Saly. « Beaucoup de gens souffrent ici. En Afrique, de nombreuses personnes vivent au jour le jour ».

De plus ,il a appelé,il y a un mois et demi, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, les internautes à rester à la maison pour lutter contre la propagation du virus. Un message entendu et appliqué (par le plus grand nombre, espère- t-il), comme les consignes dis-tillées à ses joueurs depuis le bord du terrain.

Ses joueurs, justement, il aurait dû les voir disputer deux rencontres en mars dans le cadre des éliminatoires à laCoupe du monde 2022. Mais, le Covid-19 est passé par là. « Je communique avec eux, bien évidemment. Ils vont bien. Comme l’Arabie Saoudite est un pays musulman, il y a actuellement le ramadan. Donc, le confinement passe peut-être plus facilement. Mais à un mo-ment, la population va certainement vouloir ressortir, retrouver la vie normale en quelque sorte », estime Hervé Renard, qui devrait repartir fin juillet en Arabie Saoudite, juste avant la reprise du championnat national.


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