« Dianké », une série radiophonique féministe made in Africa

Disponible notamment sur le site de RFI, ce podcast en douze épisodes narre l’histoire d’une jeune femme en lutte contre le système patriarcal et la corruption. Une œuvre engagée réalisée à Dakar à l’initiative d’une ONG.

« Elle était bien plus qu’un homme, elle était une femme en devenir et elle s’appelait Dianké en Afrique. Alors laissez-moi vous parler d’elle. On raconte toujours mieux une histoire quand on aime. »

Ainsi commence chaque épisode de « Dianké », le premier ­podcast de fiction né en Afrique de l’Ouest.

Accompagnés de notes de guitare et de percussions, les mots poétiques du narrateur résonnent comme un début de conte africain. « Ma grand-mère commençait toujours ses histoires par une introduction ou un proverbe. Nous avons repris cette tradition afin d’ancrer le podcast sur le continent », explique Tidiane Thiang, coréalisateur ­sénégalais de « Dianké ». Lancé le 1er juin sur les plateformes habituelles et sur le site de RFI, le podcast sera diffusé sur les ondes de la radio le 29 juin.
Cette série originale en douze épisodes de moins de vingt minutes raconte l’histoire de Dianké, une jeune femme qui se dresse contre le système patriarcal. Après avoir été licenciée pour avoir refusé la corruption, elle se présente, contre son frère, à des élections, terrain habituellement occupé par les hommes. À l’origine du podcast, l’ONG sénégalaise RAES, qui œuvre pour l’éducation par le divertissement. Un projet à 150 000 euros, soutenu par l’Agence française de développement.

« Nous voulions écrire une fiction vivante et réaliste à laquelle les auditeurs puissent adhérer et s’identifier. » Romain Masson, producteur

À partir du thème de la participation citoyenne, Tidiane Thiang et le Français Alexandre Plank ont eu carte blanche, travaillant main dans la main avec l’écrivain sénégalais Insa Sané. L’équipe a d’abord enquêté sur le terrain afin de nourrir et d’affiner l’histoire. « Nous voulions écrire une fiction vivante et réaliste à laquelle les auditeurs puissent adhérer et s’identifier », explique Romain Masson, producteur du podcast.

Le but est de susciter le débat sur l’émancipation des femmes, la participation citoyenne et la corruption. Un engagement politique plus universel que dans la première fiction radiophonique produite par RAES, l’été dernier. Uniquement diffusée sur RFI, C’est la vie se déroulait dans un centre de santé.

« Nous ­voulons montrer que les femmes peuvent ­s’imposer, prendre la parole et se battre afin de construire le monde de demain. Des Dianké, j’en rencontre tous les jours au Sénégal », milite Tidiane Thiang, qui espère inspirer des jeunes femmes sur le continent.

Par Théa Ollivier


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